Mes vœux ont mis du temps à mûrir cette année. Ils se sont nourris des vôtres. Merci Beaucoup !

Parmi les fleurs et les oiseaux, l’image du Calendula s’est vite imposée pour ses vertus médicinales : il nettoie, calme, régénère, adoucit les blessures, y compris les plus sensibles, sur les brûlures ou les muqueuses (même les morsures de serpent ??). Il stimule la circulation et élimine les toxines. Il repousse les parasites au jardin et décore nos salades. On l’appelle communément « souci », dérivé d’un mot latin qui signifie « qui suit le soleil » parce que sa fleur s’ouvre quand le soleil apparaît. Ou serait-ce parce que ses vertus chassent tous nos soucis ? Il ressemble à un magnifique soleil jaune ou orange qui se détache si délicatement sur ce fond bleu ciel.

Depuis les hauteurs où il évolue, l’aigle a une vision globale de la situation. Et à la fois, sa vision perçante lui permet de saisir chaque détail du paysage pour fondre en piqué sur son but en un instant.

Les roses, les ronces et les épines
Parce qu’on n’est pas des Bisounours ! Qui s’y frotte s’y pique.
Les buissons épineux offrent des refuges aux petits animaux, impénétrables pour les gros prédateurs. Les lianes des ronces s’entrelacent à l’image de liens solides, tenaces, aériennes et souterraines. Lors de nos balades dans les bois ou en sauvagerie, elles nous harponnent, nous interpellent, nous obligent à les considérer avec patience et dénouements. Ce sont des plantes pionnières sur les terrains déboisés auxquels elles offrent une première couverture végétale protectrice. Nos épines peuvent être nos alliées.

Bon gré, mal gré, la précarité s’insinue dans nos quotidiens, parfois comme témoins, parfois dans nos boulots, nos portefeuilles, nos familles, nos corps, nos projets de vie…

Ce mot s’est révélé à moi alors que je préparais l’entretien avec la médecin-conseil pour l’évaluation de la poursuite de mon droit au mi-temps médical. En effet, ma santé mentale est précaire. Des phases de rechutes de burn out me pendent au nez lorsque je ne respecte pas le rythme de mon corps ou lorsqu’un séisme émotionnel fait irruption en période sensible. C’est un fait. Je l’accepte. Je suis (enfin) sortie du déni. Je ne la vois plus comme une menace. J’ai appris à danser avec elle. Danser : porter l’équilibre sur un pied, sur l’autre, tourner, suivre le tempo, sentir son corps qui s’abandonne, dans la joie du mouvement, dans l’euphorie, dans l’ivresse, porté par quelque chose qui nous dépasse, par la magie de la musique de la Vie.

Dans nos pays occidentaux, en une ou deux générations, parmi la « classe moyenne », nous avons/avions oublié l’incertitude, nos vies sont/étaient globalement sous contrôle. Quel contraste avec tant de contrées où le matériel manque et où la Joie règne. La danse aussi.

La précarité d’une chose la rend précieuse. Celle-ci est présente, mais pourrait disparaître en un instant. Alors, soit on vit dans la peur anticipativement, soit on savoure sa présence. Et quand elle manque, c’est qu’elle va revenir très bientôt. Alors, soit on se lamente, soit on se réjouit de son retour imminent.

La précarité, c’est l’impermanence. C’est la fragilité aussi. La fragilité d’une chose donne souvent envie de la protéger. Manquer de quelque chose qui compte permet de prendre conscience de sa valeur.

Par exemple, vivre dans une maison en travaux avec une seule cordelière pour avoir le minimum d’électricité et la déplacer de pièce en pièce. Devoir aller chercher de l’eau à la cave. Devoir vider le seau sous l’évier. Actuellement, mes panneaux solaires thermiques chauffent l’eau de ma douche. Selon l’ensoleillement de la veille, je sais si ma douche sera chaude, tiède, tempérée ou à peine défroidie. Alors, les jours où je branche le chauffe-eau électrique, c’est le paradis.

Nous allons vers « un monde qui tangue », l’incertitude, la fin du contrôle. Alors, soit on s’agrippe jusqu’à la dernière seconde, soit on s’entraîne à intégrer le chaos dans nos vies. S’entraîner, muscler de nouvelles compétences, expérimenter, échanger nos trucs et astuces. Le plus longtemps possible dans la salle de sport avant de monter sur le ring de boxe.

Ce regard lucide n’empêche en rien de savourer les délices de la Vie. Depuis la plus sombre des prisons nous restera toujours la liberté de choisir le regard que nous portons sur nos vécus, à l’instar du contraste entre cet orange et ce bleu ciel.

Certes, le temps, la fantaisie, l’émerveillement sont rarement donnés. C’est à nous à décider de nous les offrir, aller les chercher, les arracher, les extirper dans nos quotidiens denses, au milieu de la grisaille ambiante, et puis les partager autour de nous. Ce sont des actes courageux. Des cadeaux.

Laboratoire d’un Monde Vivifiant, Les Fougères souhaitent multiplier les occasions et identifier les lieux où expérimenter, dans un cadre sécurisé, les ingrédients d’une société qui soutient la Vie et le Vivant, inspirés de la recherche RACCOr. Plus d’infos dans les prochaines semaines.

Allegria !!!